Françoise Dolto nous montre dans des exemples de vie quotidienne comment les difficultés non résolues dans l'éducation provoquent la souffrance. Elle nous invite à "parler vrai", à adopter une "attitude flexible, vivante, toujours en éveil, à l'écoute". Le petit d'homme est un être de langage. L'éduquer, c'est le rendre autonome, " lui donner les règles, les repères, les interdits majeurs qui lui assureront cette sécurité existentielle qui seule peut soutenir son dynamisme et les forces vives de son désir.


Extraits choisis

“Tous les mots nous sont dits avant qu’on en sache le sens. C’est quand on vit les choses et que les mots ont été justes que l’on apprend leur sens et que l’on réalise la justesse de ce qui a été dit. C’est pour cela qu’il est essentiel, pour des rapports de confiance entre parents et enfants, que les choses soient dites par les parents et que ce soit la vérité qu’ils disent.”


 Développement de l’enfant:

  • Vers 6 mois : Premières dents.
  • 6 à 10 mois : Sevrage.
  • 15 à 18 mois : Marche.
  • 20 à 30 mois : Développement du système nerveux terminé.
  • 3 à 4 ans : Contacts sociaux avec les premiers camarades.
  • 7 à 8 ans : Âge dit de raison : jugements moraux personnels concernant les intentions des actes - indépendamment de leurs effets - et l’âge de la discrimination assez nette entre le rêve et la réalité.
  • 12 à 13 ans : Formation pubertaire.


Les épreuves de la vie (qui apportent des souffrances dont on doit triompher après les avoir admises comme inéluctables) :

  • Épreuve de la naissance.
  • Épreuve de la faim, de la soif, des digestions difficiles.
  • Épreuve des limites de l’appétit.
  • Épreuve de la dentition et des instincts agressifs qui accompagnent la souffrance.
  • Épreuve des lois de la nature : le froid, le chaud, la pesanteur, la dureté des choses, les dangers matériels.
  • Épreuve de toutes les séparations d’avec tout ce qui nous est agréable, de tous ceux que nous aimons.
  • Épreuve du temps qui s’écoule et de l’espace qui nous sépare de ce et de ceux que nous voudrions atteindre.
  • Épreuve de la fatigue.
  • Épreuve de la mort des êtres chers, de l’éternelle fuite des choses, des autres et de soi-même.
  • Épreuve de se sentir faible, envieux des autres.
  • Épreuve d’aimer des êtres qui nous déçoivent bientôt, parce que l’enfant vit dans l’absolu et qu’il faut apprendre le relatif.
  • Épreuve morale de découvrir que le bien n’est pas toujours récompensé, que le mal n’est pas toujours puni, que les adultes font autrement qu’ils ne le disent, que le monde ne juge que les actes et méjuge les intentions.
  • Épreuve de faire souffrir ceux qu’on aime, quand ils voudraient nous détourner d’un appel intérieur à vivre autrement qu’ils ne le désirent.
  • Épreuve de se découvrir absurde et de vouloir justifier, par la raison, des actes et des sentiments plus forts que la raison.


“Chez l’enfant très jeune, aimer, c’est s’identifier."


“Permettre à un être humain de se développer, c’est l’autoriser, l’éveiller à exprimer en paroles tous ses désirs et des fantasmes. C’est lui donner les moyens et la possibilité de s’en servir, c’est éveiller son esprit à la différence entre ce qui est de l’ordre de l’imaginaire et ce qui est de l’ordre de la réalité, celle des lois édictées pour tous, et devant laquelle tous seraient égaux. La loi de telle ou telle personne n’est pas la loi, et très jeunes, les enfants doivent connaître leurs droits devant la loi et les lois qui régissent tous les adultes."


“Supposons qu’un enfant se rende compte que sa mère ne l’aime pas, ou encore qu’elle ne l’aime pas autant qu’il le voudrait, ou encore qu’elle aime son frère ou sa sœur plus que lui. Si c’est vraiment la vérité, il faut être d’accord avec l’enfant, et essayer de lui faire voir qu’il peut tirer profit de la situation. On peut lui dire par exemple : ‘C’est sûr que c’est plus agréable pour ton frère à l’heure actuelle, mais ce qui se passe ne t’empêchera pas de devenir un garçon très bien. Et le fait que tu te sentes moins bien à l’aise à la maison t’aidera peut-être à faire des études à l’étranger. Il ne faut pas que tu regrettes ce qui est.’ C’est sûr que ça fait mal à un enfant de voir confirmer ses appréhensions. Mais de toutes façons, ce qu’il vit lui fait mal tous les jours, et, en plus, on l’entretient dans le mensonge : ‘Mais voyons donc! Tu sais bien que ta mère t’aime, qu’elle t’aime autant que ton frère…’ Il est beaucoup mieux qu’un enfant soit confronté à la vérité, à la vérité vraie, et qu’il essaie de tirer de la situation réelle le meilleur parti possible. Je crois qu’il est préférable, même pour un enfant, de voir les choses telles qu’elles sont plutôt que de les voir telles qu’il voudrait qu’elles soient.”